« un an en Lituanie » (2): Petite déprime au coeur de l’hiver

Posted by on 1 octobre 2012
Un an en Lituanie

Centre ville de Vilnius

Deuxième partie du récit de Pierre.

« J’ai donc débarqué en Lituanie en Septembre, soit juste à la fin de l’été. Le temps était agréable, plutôt doux, et il faisait bon s’assoir aux terrasses des cafés. Mais depuis ma cité universitaire, le centre ville de Vilnius était à près de 40 minutes en trolleybus, ce qui me laissait peu de temps pour profiter de cet été indien, sauf quand je devais passer par le Centre Culturel Français.

J’ai été de suite mis dans le bain de mon stage, me suis laissé happer par le travail (même si j’étais loin d’être débordé) et j’ai commencé à découvrir la ville et le pays, en fin de semaine en compagnie de collègues de travail et de mes compagnons stagiaires.

Vilnius a une petite communauté française  assez sympathique (on a vite fait de tous se connaître) , la plupart de ses membres  ont leur enfants à l’école française ou bien fréquentent le Centre Culturel Français, quand il n’y travaille pas.

Les premiers mois furent difficiles en raison du temps, des journées qui se raccourcissaient à vitesse grand V et la difficulté à m’adapter à la langue et à la culture locale.

Il faut dire que l’hiver arrive vite, trop vite, et les premiers flocons ont fait leur apparition en Novembre, une neige qui allait durer plusieurs mois (entre 5 et 6).  Les jours devenaient également de plus en plus courts, et en décembre lorsque je finissais de donner mon dernier cours de la journée, vers 16h, il faisait déjà nuit. La nuit, le froid, mon relatif isolement, faisaient que je rentrais automatiquement chez moi après le travail.

Mais ce n’était pas tout, lors de mes déplacements, j’étais confrontés à quelques « locaux » fortement alcoolisés, pas bien méchants mais assez collants et plutôt répugnants, autant dans le bus que lors de mes longues promenades. Sans parler de la rudesse d’autres autochtones, de grandes armoires à glaces froides et brutes, qui vous donnent  des coups d’épaules à chaque fois que vous les croiser et qui s’étonnent quand vous vous énervez dans votre langue.

D’ailleurs c’est grâce à ces autochtones que j’ai commencé à me mettre vraiment au lituanien, et j’ai enrichi mon maigre vocabulaire lituanien de (pardonnez mon orthographe)  « Atsergai » (attention!), « As kveiju policija » (j’appelle la police) ou encore « Ar tu norié problemas? »(tu as un problème?).

Mais j’ai rarement utilisé ce vocabulaire, d’autant plus qu’au début du mois de décembre, j’ai  eu l’opportunité de déménager de ma chambre universitaire, bien que j’avais commencé à me faire quelques amis au sein de la résidence. C’est d’ailleurs avec deux d’entre eux que j’ai pris un appartement à quelques pas de Pilies.

Le centre ville de Vilnius très beau au niveau de son architecture, m’inspirait une certaine nostalgie, celle de ma vision du centre ville et de ses vieux immeubles haussmannien,  lorsque j’étais enfant et habitait en banlieue.

La ville de Vilnius, ses grandes avenues, ses petites rues sinueuses, ses restaurants, cafés, bars, très bons marchés,  ses centres commerciaux comme Europa, Akropolis, ou celui situé sur Gedimino (Marks and Spencer’s pour ne pas faire de pub), et mon grand appartement étaient devenus mes refuges au cœur de l’hiver lituanien. Par ailleurs, je commençais à suivre des cours de lituanien de manière plus assidue à l’université, et envisageais quelques voyages autour du pays: Minsk, Saint-Pétersbourg, Riga, Tallinn, Helsinki, de quoi me redonner le moral au cœur de la froideur (jusqu’à -30) et su sombre hiver lituanien.

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